A deux semaines d’un vote clé sur la révision de la loi CO2, la Fondation Ethos publie un rapport consacré aux risques climatiques qui planent sur les placements des institutions de prévoyance et, par conséquent, sur les rentes futures de leurs assurés. Si des moyens existent pour aider les caisses de pension à gérer ces risques, un cadre réglementaire reste plus que jamais nécessaire pour aiguillonner et favoriser les investissements durables et responsables. C’est pour cette raison que la Fondation Ethos s’engage en faveur de la révision de la loi. Une conférence en ligne et ouverte à tous est organisée le 10 juin pour débattre de ces questions.

Le changement climatique représente une menace pour tout le monde. Les caisses de pension suisses, dont le mandat légal est de générer des rendements stables sur le long terme pour leurs assurés, ne sont pas épargnées, comme le montre un rapport publié aujourd’hui par la Fondation Ethos. Leurs investissements ne seront protégés des risques climatiques que s’ils sont effectués en tenant compte des défis climatiques et accompagnés de mesures législatives. 

L’industrie fossile reste l’un des principaux risques financiers en lien avec le changement climatique pour les caisses de pension, d’autant plus que l’Agence internationale de l’énergie vient d’appeler à ne plus développer de nouveaux gisements gaziers et pétroliers si l’on veut avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à 1.5°C. Cependant, tous les secteurs économiques sont aujourd’hui concernés, du secteur automobile à l’aviation en passant par la construction et la finance. Le changement climatique représente non seulement un risque physique pour les actifs des sociétés et donc de leurs actionnaires, mais également un risque légal et réglementaire, un risque de perte de compétitivité lié à l’essor de nouvelles technologies moins polluantes et toujours plus performantes, ainsi qu’un risque de « stranded assets », ces actifs qui ne sont plus en mesure de générer de rendements avant même la fin de leur vie économique.

Lien vers le rapport en français

 

Des milliards d'actifs à risque

Les experts de Carbon Tracker estiment qu’environ un quart du marché actions et près de la moitié du marché des obligations sont aujourd’hui liés de près ou de loin aux énergies fossiles et donc sous la menace des risques induits par le changement climatique. A l’échelle des institutions de prévoyance suisses, qui gèrent plus de CHF 1'000 milliards d’actifs – dont un tiers en actions et un tiers en obligation –, cela pourrait représenter plus de CHF 200 milliards d’exposition, de quoi mettre à mal une bonne partie des retraites futures.

Si des solutions existent pour permettre aux caisses de pension de prendre en compte et gérer ces risques climatiques, que ce soit par le dialogue actionnarial ou en désinvestissant totalement des industries les plus vulnérables et les plus réticentes au changement, la mise en place d’un cadre réglementaire reste nécessaire pour favoriser les investissements durables et responsables. La révision de la loi sur le CO2 représente à ce titre une étape indispensable pour accélérer la transition vers une économie à faible émission de carbone, renforcer la compétitivité de l'économie suisse et contribuer à protéger les rentes du 2e pilier.

Une loi pragmatique et incitative

Le fonds pour le climat prévu par la nouvelle loi permettra d’accélérer la transition vers une économie plus faible en carbone. Il permettra de financer des infrastructures respectueuses du climat, telles que des bornes de recharge pour les véhicules électriques et les trains de nuit, mais aussi de rénover des bâtiments vieillissants et de remplacer les systèmes de chauffage au mazout par des solutions renouvelables. La nouvelle loi incitera les sociétés à investir dans des mesures de protection du climat en les exonérant de la taxe sur le CO2. Enfin, l’autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA) et la Banque nationale suisse devront évaluer les risques climatiques encourus par les établissements financiers et veiller à ce que les flux financiers soient compatibles avec les objectifs de l’Accord de Paris.

La Fondation Ethos est convaincue que ces mesures représentent le minimum nécessaire et attendu depuis longtemps pour contribuer au maintien de la productivité de l’économie suisse et à la protection du capital des assurés des caisses de pension investi sur le long terme. C’est pourquoi Ethos recommande vivement à ses membres de soutenir la révision de la loi sur le CO2.

Ces questions seront débattues lors d’une conférence-débat organisée par la Fondation Ethos le jeudi 10 juin dès 13h30 en marge de son assemblée générale 2021. Celle-ci réunira un panel d’experts suisses et internationaux et aura pour objectifs de sensibiliser les investisseurs aux risques climatiques, de présenter des moyens efficaces de les prendre en considération et d’y répondre et, enfin, de détailler la réponse politique de la Suisse et ses conséquences pour les investisseurs. Elle est destinée aux représentants des caisses de pension principalement mais reste ouverte à toutes les personnes intéressées par cette thématique. 

Programme complet

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